Publié le par Jean-Pierre Berckmans
La qualité de vie au Luxembourg se mesure mieux qu’on ne le croit, à condition de lire les bons classements. Dans l’édition mi-2026 de l’index Numbeo, qui repose sur des données déclarées par les internautes, le Luxembourg se classe deuxième sur 89 pays avec un score de 204,8, juste derrière les Pays-Bas. Luxembourg-Ville apparaît de son côté dix-septième sur 241 villes dans le classement Mercer Quality of Living 2024, après une seizième place en 2023. Ces deux classements reposent sur des méthodes complètement différentes et aboutissent pourtant au même constat : le Grand-Duché se situe durablement dans le petit groupe de pays où l’on vit bien, mesuré par des sources extérieures au pays et non par sa communication touristique.
Ce type de classement circule beaucoup dans les guides d’expatriation, souvent réduit à une liste de bons points sans lien avec la réalité d’un projet professionnel. Chez HBC Group, ces questions arrivent différemment : un porteur de projet qui envisage de créer une société au Luxembourg, ou de s’y installer avec sa famille, veut savoir concrètement ce que ces chiffres représentent pour son quotidien et pour son activité, pas simplement se rassurer sur un pays qu’on lui vante.
Depuis plus de vingt ans, HBC Group accompagne des porteurs de projet dans la création de leur société et leur installation au Luxembourg. Cet article reprend les classements internationaux les plus solides sur la qualité de vie, chiffre par chiffre, et explique à chaque fois ce que cela change pour quelqu’un qui construit une activité professionnelle ici, plutôt que pour un simple touriste.
Ces deux classements ne mesurent pas la même chose. L’index Numbeo agrège des données déclaratives sur huit critères (pouvoir d’achat, pollution, rapport entre le prix de l’immobilier et le revenu, coût de la vie, sécurité, santé, temps de trajet et climat) à l’échelle d’un pays entier, et paraît en deux éditions par an. Le classement Mercer, construit à l’origine pour orienter les politiques de mobilité internationale des grandes entreprises, évalue une seule ville, Luxembourg-Ville, sur des critères plus institutionnels : stabilité politique, système de santé, éducation, infrastructures. Que les deux placent le Luxembourg dans le même petit groupe de tête, malgré des méthodes distinctes, renforce la lecture plutôt qu’elle ne la fragilise.
Le Luxembourg n’est pas premier sur tout : dans le classement Mercer du coût de la vie 2024, Luxembourg-Ville se classe 47e sur 226 villes, en forte hausse (donc plus chère) depuis la 84e place en 2019, une évolution tirée en grande partie par le logement. La qualité de vie a un prix, et ce prix progresse. Nous consacrerons un article entier à ce que ce coût représente réellement, au-delà du simple classement.
L’Environmental Performance Index, publié par l’université Yale et le centre CIESIN de l’université Columbia, classe le Luxembourg deuxième sur 177 pays dans son édition 2026, derrière l’Estonie, une position déjà occupée dans l’édition 2024, qui portait alors sur 180 pays. C’est l’un des classements les plus solides de ce dossier : méthodologie académique publique, mise à jour régulière, et des instituts qui n’ont aucun intérêt commercial à flatter tel ou tel pays.

Un indicateur national va dans le même sens : la quantité de déchets ménagers en mélange produite par habitant est tombée à 154 kilogrammes par an en 2024/2025, soit 9 kilos de moins qu’en 2021/2022, selon l’analyse publiée par le ministère de l’Environnement le 24 mars 2026.
Depuis le 1er mars 2020, le Luxembourg est le premier pays au monde à avoir rendu gratuits l’ensemble de ses transports en commun nationaux : trains en seconde classe, bus et tram, pour les résidents comme pour les visiteurs. Seule la première classe des trains reste payante. Le bilan publié par le gouvernement le 28 février 2025 fait état de 31,3 millions de voyageurs en train en 2024, contre 25 millions en 2019, et d’une fréquentation du tram passée de 6,2 à 31,7 millions sur la même période.
Pour un porteur de projet qui recrute, cet argument pèse concrètement dans une négociation salariale ou un choix d’implantation de bureau. Pour un salarié qui habite au Luxembourg, le coût du trajet domicile-travail disparaît ; pour un frontalier, seule la portion du trajet située hors du territoire reste payante. Nous détaillons ce que cette gratuité change, pour un salarié comme pour une entreprise, dans un article dédié.

Depuis la rentrée 2022, l’accueil en maison relais est gratuit pendant les semaines scolaires, du lundi au vendredi de 7 h à 19 h, pour les enfants de l’enseignement fondamental soumis à l’obligation scolaire, à condition d’avoir adhéré au chèque-service accueil. En 2022, le ministère de l’Éducation nationale chiffrait l’économie à 1 810 euros par an pour une famille à revenu moyen dont les deux enfants sont inscrits 15 et 45 heures par semaine. En dehors de ces créneaux et pendant les vacances scolaires, le barème habituel du chèque-service accueil s’applique.
Ce chiffre ne dit rien, en revanche, de la disponibilité réelle des places ni de l’encadrement dans chaque commune, deux points qui pèsent souvent davantage que le prix dans la décision d’une famille qui envisage de s’installer avec des enfants scolarisés.
Un classement international n’ouvre pas de compte bancaire ni ne recrute un salarié. Dans notre pratique d’accompagnement à la création d’entreprise au Luxembourg, ces chiffres reviennent surtout dans deux situations concrètes.
La première concerne le recrutement. Un dirigeant qui négocie avec un candidat basé à l’étranger dispose d’arguments mesurables plutôt que d’un discours commercial : transports gratuits pour qui s’installe au pays, performance environnementale reconnue, accueil des enfants gratuit en semaine scolaire, autant de points qui pèsent dans la décision d’un cadre qui hésite entre plusieurs pays européens.
La seconde concerne l’installation personnelle du dirigeant ou de ses associés. Beaucoup de porteurs de projet qui créent une société au Luxembourg envisagent aussi de s’y installer avec leur famille. Les deux démarches restent indépendantes sur le plan juridique, mais elles s’enchaînent souvent dans le même projet, et les questions posées se recoupent : où habiter, où scolariser les enfants, quel est le vrai coût de la vie une fois sur place. Nous accompagnons les deux volets, la création de société d’un côté et l’aide à l’immigration privée de l’autre, ce qui permet de traiter un même projet d’installation sous ses deux angles plutôt qu’avec deux interlocuteurs séparés.
Ce qui suit vient de notre pratique quotidienne avec des clients, pas d’un texte réglementaire. Dans les dossiers que nous traitons, la question de la qualité de vie arrive rarement en premier : elle suit presque toujours la question fiscale et administrative, une fois que le porteur de projet sait que sa société peut effectivement s’installer. Elle revient en revanche très vite dès qu’un conjoint ou des enfants sont concernés par le déménagement, souvent avant même la question du salaire.

Un cas revient plusieurs fois par an dans nos dossiers : un dirigeant compare une offre luxembourgeoise à une offre parisienne ou bruxelloise, salaire brut contre salaire brut, sans intégrer dans son calcul l’abonnement de transport ou la part de garde d’enfants que la gratuité luxembourgeoise allège. Il refait le calcul une fois installé, rarement avant.
Enfin, plusieurs clients nous confient avoir choisi le Luxembourg sur la foi de sa réputation, puis avoir découvert un pays différent de ce que cette image seule laissait supposer : en mieux sur certains points comme la sécurité ressentie au quotidien, en moins pratique sur d’autres comme la disponibilité de logements à un prix raisonnable.
Un classement aide à choisir un pays, il ne dit pas comment s’y installer. Si vous envisagez de créer votre société au Luxembourg et d’y vivre, nous examinons avec vous les deux volets en même temps : structure juridique, compte bancaire, logement, scolarité des enfants. Prenez contact avec notre équipe pour un premier échange sur votre projet.
Selon les classements internationaux les plus récents, oui : deuxième sur 89 pays dans l’édition mi-2026 de l’index Numbeo, dix-septième ville sur 241 pour Luxembourg-Ville dans le classement Mercer Quality of Living 2024, deuxième sur 177 pays à l’Environmental Performance Index 2026 de Yale et Columbia. Ces classements mesurent des critères différents et n’ont pas la même portée, mais ils convergent.
La dernière édition publiée est celle de 2024 : Luxembourg-Ville s’y classe dix-septième sur 241 villes, après une seizième place en 2023. Nous n’avons pas trouvé d’édition 2025 à ce jour, et cet article sera mis à jour dès sa parution.
Oui, sur le territoire luxembourgeois : toute personne, résidente ou non, voyage gratuitement en seconde classe des trains, en bus et en tram. Un trajet transfrontalier reste en revanche payant pour sa partie située hors du Luxembourg (billet RegioZone), et la première classe des trains reste payante.
Les enfants de l’enseignement fondamental soumis à l’obligation scolaire, pendant les semaines scolaires, dont la famille a adhéré au chèque-service accueil. Cette adhésion est ouverte aux résidents et, sous conditions, aux travailleurs frontaliers dont l’enfant perçoit les allocations familiales luxembourgeoises. Pour un enfant de frontalier scolarisé hors du Luxembourg, nous vous conseillons de vérifier votre situation auprès de la Caisse pour l’avenir des enfants.
Pas directement : aucun des classements cités ne porte sur la fiscalité des sociétés. Mais la stabilité institutionnelle et la qualité de vie mesurées par ces classements s’ajoutent, dans la pratique, à un cadre fiscal que nous détaillons dans notre article sur les raisons de créer une entreprise au Luxembourg.
Faits arrêtés au 25 septembre 2026. Sources : Numbeo, édition 2026 Mid-Year de l’index de qualité de vie par pays ; Mercer Quality of Living 2024, cité par Luxembourg Trade & Invest, et Mercer Cost of Living 2024, cité par luxembourg.public.lu ; Environmental Performance Index 2026 (Yale et Columbia, epi.yale.edu) ; gouvernement.lu pour les déchets ménagers (24 mars 2026), le bilan de la gratuité des transports (28 février 2025) et la gratuité des maisons relais (12 juillet 2022) ; guichet.public.lu et cae.public.lu pour les conditions d’accès.